Le virus du papillome humain HPV « est responsable de 100% des cancers du col de l’utérus et d’une part importante des cancers de l’anus, de la vulve, du vagin, du pénis et de l’oropharynx. L’infection, très répandue dans la population générale, peut être efficacement prévenue grâce à des stratégies intégrées de vaccination et de dépistage, comme le souligne également notre société scientifique à l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation au VPH ». Enrico Di Rosa, président de la Société italienne d’hygiène (Siti), nous le rappelle en vue de la journée de sensibilisation pour l’élimination du cancer du col de l’utérus et autres tumeurs liées au VPH, lundi 17 novembre. Siti renouvelle son engagement dans la lutte contre le VPH et les tumeurs associées avec un appel : « Grâce à la vaccination et au dépistage oncologique, il existe une opportunité concrète d’éliminer le cancer du col de l’utérus en tant que problème de santé publique ».
En 2020, l’Organisation Mondiale de la Santé a défini un objectif ambitieux, à savoir éliminer le cancer du col de l’utérus d’ici 2030 à travers 3 objectifs fondamentaux : 90 % des filles vaccinées contre le VPH avant l’âge de 15 ans ; 70 % des femmes dépistées avec des tests performants à l’âge de 35 ans puis à nouveau à l’âge de 45 ans (objectif porté à 90 % par le plan européen pour vaincre le cancer) ; 90 % des femmes présentant des lésions cervicales précancéreuses ou invasives traitées rapidement. Ce chemin – souligne Siti – nécessite un engagement collectif et continu, car seule une action coordonnée peut combler les retards encore présents (la couverture vaccinale italienne est malheureusement encore loin de l’objectif de 90%) et se rapprocher des normes requises également à travers l’organisation de politiques de vaccination sans distinction de sexe ou de genre (neutre en matière de genre).
L’Italie, conformément au Plan National de Prévention Vaccinale 2023-2025, dont parmi ses objectifs figure le renforcement de la prévention du cancer du col de l’utérus et d’autres maladies liées au VPH – souligne Siti – a adopté la vaccination universelle contre le VPH, reconnaissant que la protection des filles à elle seule n’est pas suffisante pour contrôler la propagation du virus. « Vacciner les garçons, c’est aussi interrompre plus rapidement la circulation virale; protéger directement les hommes des tumeurs liées au HPV, comme celles du pénis, de l’anus et de l’oropharynx; assurer une prévention équitable et réduire l’écart entre les sexes encore évident dans la couverture vaccinale et protéger les personnes les plus vulnérables, pour lesquelles l’immunité de groupe n’est pas suffisante », précise Di Rosa.
La vaccination des hommes est donc une étape indispensable vers l’élimination, soulignent les hygiénistes. Une société qui vaccine les deux sexes est une société qui se protège mieux, et les pays ayant une couverture vaccinale très élevée démontrent sans équivoque que la prévention fonctionne. En Australie, par exemple, on a constaté une réduction drastique des lésions précancéreuses du col de l’utérus et on prévoit l’élimination du cancer du col de l’utérus d’ici quelques années. En Ecosse cependant, on constate une disparition quasi totale des lésions Cin3 chez les jeunes femmes vaccinées avant exposition au virus. Ces résultats montrent que l’objectif de l’OMS est non seulement réaliste – souligne Siti – mais qu’il est réalisable avec un engagement décisif en faveur de la vaccination et du dépistage universels, et qu’il est donc nécessaire d’augmenter la couverture vaccinale contre le Papillomavirus et de réduire les écarts régionaux d’approvisionnement.
La Charte de Loreto, un document de plaidoyer promu par la Société Italienne d’Hygiène, section Marches – rappelle Siti – rappelle la nécessité d’une approche multisectorielle et intégrée pour renforcer la prévention du VPH, en soulignant en particulier l’importance de : une meilleure coordination entre les agents de santé, les institutions et les écoles ; des activités structurées de rappel et de rappel pour récupérer les non vaccinés ; intégration systématique entre vaccination et dépistage ; une communication claire, cohérente et fondée sur des données probantes ; participation de la société civile et des agences éducatives. Pour Di Rosa, « la Charte représente un modèle de travail partagé, qui peut s’étendre bien au-delà des frontières régionales. Et Siti va dans cette direction, en appelant toutes les institutions, les professionnels de la santé et la société civile à renforcer l’engagement commun sur 5 fronts : augmenter de manière significative la couverture vaccinale, avec une attention particulière aux enfants et aux cohortes non encore protégées ; activer un plan extraordinaire pour la reprise des vaccinations anti-HPV et du dépistage du col de l’utérus ; toutes les femmes présentant des lésions précancéreuses ou des tumeurs invasives ; lutter contre la désinformation en renforçant une communication transparente et scientifiquement fondée ».
L’élimination du cancer du col de l’utérus n’est pas un défi abstrait, mais un objectif concret et réalisable, en sont convaincus les spécialistes. Les expériences internationales le démontrent : là où la vaccination est importante et où un dépistage de qualité est proposé, le fardeau de la maladie diminue rapidement. Pour cette raison, Siti rappelle avec force « l’importance de la vaccination des filles et des garçons, également à travers l’appel actif et la récupération rapide des sujets non vaccinés, de l’intégration complète entre prévention primaire et secondaire et de l’implication active de tous les acteurs du système. Protéger aujourd’hui signifie sauver des vies demain. Travaillons ensemble pour un avenir sans tumeurs liées au VPH ».




