Pour Donald Trump, l’accord trouvé entre les USA et l’Iran
a assuré que le détroit d’Ormuz soit « définitivement gratuit ». Le président des États-Unis a réaffirmé au New York Times que le transit des navires serait gratuit. De Téhéran arrivent cependant différentes versions qui alimentent les doutes sur le contenu réel de l’accord et sur l’équilibre futur au Moyen-Orient.
L’Iran a ajouté au dernier moment, dans l’accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, une clause sur l’imposition d’un péage aux navires transitant par le détroit, a annoncé l’agence iranienne Fars, citant des sources bien informées. « Dans la dernière étape des négociations, le texte du mémorandum d’accord a été corrigé pour mettre en évidence de manière claire et explicite la question de la souveraineté de l’Iran et d’Oman sur le détroit d’Ormuz. L’utilisation du terme « services maritimes » signifie que les États-Unis ont accepté qu’ils soient payés à l’Iran », a expliqué la source.
Les mots de Trump
Dans sa conversation avec le journal américain, Trump a ajouté qu’il avait sauvé Israël de l’anéantissement nucléaire, malgré les objections du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu quant à la conclusion d’un accord avec Téhéran. Trump a également insisté sur le fait que si l’Iran ne parvient pas à un accord nucléaire final avec les États-Unis (il devrait être signé en Suisse vendredi prochain), il reprendrait les attaques militaires contre Téhéran, faisant des États-Unis les « gardiens du Moyen-Orient » en échange de 20 % des revenus de la région.
Trump a également déclaré que le président chinois Xi Jinping « a été un vrai gentleman : il n’a pas tenté de briser le blocus en envoyant un pétrolier, ainsi que 20 destroyers de chaque côté, pour tenter de briser le blocus », un acte qui aurait mis les marines chinoise et américaine dans un conflit potentiel. Le magnat a au contraire sévèrement critiqué Netanyahu pour avoir lancé des attaques qui ont presque fait dérailler l’accord final. « C’est un gars très difficile », a-t-il dit à propos du Premier ministre israélien, « et pour être honnête, il devrait nous être très reconnaissant. Parce que si l’Iran avait l’arme nucléaire, Israël n’existerait plus au bout de deux heures. »
La déclaration de Trump selon laquelle les États-Unis deviendraient, si nécessaire, une force de police rémunérée pour le Moyen-Orient – écrit le New York Times – représenterait un tournant surprenant, quoique très « trumpien ». Le président transformerait en effet la protection américaine de la région – et le parapluie nucléaire américain – en une force mercenaire, là pour le profit. Cet accord rejetterait effectivement la tradition américaine de l’après-Seconde Guerre mondiale, selon laquelle les États-Unis utilisaient leur puissance pour assurer la paix et la prospérité mondiales.
Ce n’est pas la première fois que Trump propose des accords similaires dans diverses régions du monde. Mais, lui demandant s’il avait obtenu l’accord des États du Golfe pour un tel arrangement – y compris des alliés américains comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis – il n’a pas fourni de réponse directe, suggérant au contraire qu’il venait tout juste de commencer à discuter du sujet. Cela ne se produirait, a-t-il suggéré, que si l’Iran restait un adversaire. Trump a décrit les dirigeants iraniens actuels, y compris le nouveau guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, comme pragmatiques, et a adopté un ton très différent de celui qu’il a adopté le premier jour de la guerre, lorsqu’il a exhorté le peuple iranien à se soulever et à prendre le contrôle de son gouvernement une fois les bombardements américains et israéliens terminés.
Trump a reconnu l’avoir dit, mais a ensuite souligné que le peuple iranien n’avait pas accès aux armes – et qu’il serait massacré s’il essayait. Mais il a insisté sur le fait que si les dirigeants iraniens tuaient les manifestants, cela les empêcherait d’obtenir un allègement total des sanctions et un accès aux 25 milliards de dollars de fonds gelés. Toutefois, cette exigence ne figure apparemment pas dans le texte actuel du mémorandum d’accord, et on ne sait pas exactement dans quelle mesure elle sera centrale dans les prochaines négociations.
Bien que le texte de l’accord n’ait pas encore été rendu public, Trump parle de concessions iraniennes que le pays n’a pas encore faites, ou qui ont été reportées à des négociations ultérieures. Le protocole d’accord, par exemple, suspend les péages à travers le détroit pour seulement 60 jours, puis promet un dialogue régional sur l’avenir. L’Iran n’avait jamais imposé de péages avant la guerre, le président célèbre donc essentiellement un retour au statu quo d’avant-guerre. Trump a comparé à plusieurs reprises son nouveau protocole d’accord à l’accord de 2015 conclu entre le président Barack Obama et les dirigeants iraniens, arguant que cet accord garantirait que l’Iran « ne puisse pas développer ou acquérir une arme nucléaire ».




