Iran, ambassadeur à Rome Sabouri : "Nous restons à la table avec les USA mais une escalade est possible"

Iran, ambassadeur à Rome Sabouri : « Nous restons à la table avec les USA mais une escalade est possible »

L’Iran reste attaché au processus de négociation avec les États-Unis, tout en n’excluant pas une nouvelle escalade régionale. C’est ce qu’a déclaré l’ambassadeur iranien à Rome, Mohammad Reza Sabouri, dans un entretien avec Adnkronos, dans lequel il a réitéré la volonté de Téhéran de poursuivre le dialogue, tout en avertissant que le cadre régional reste très instable.

« Tout en restant pleinement prête à faire face à tout acte d’agression ou à une éventuelle violation du cessez-le-feu, la République islamique d’Iran continue de participer au processus de négociation », souligne le diplomate, rappelant comment Téhéran a accueilli « avec un esprit constructif et de bonne foi » les efforts de médiation internationale, y compris les initiatives promues par le Pakistan.

Selon Sabouri, les développements les plus récents dans la région – depuis le raid israélien sur Beyrouth jusqu’à l’attaque de missiles iraniens qui a suivi – confirment une phase encore extrêmement fragile. Les opérations militaires israéliennes, en particulier celles contre le Liban, sont définies comme des éléments qui « mettent en évidence une attitude négative à l’égard de la voie diplomatique » et une tentative d’entraver les négociations en cours.

Pour l’ambassadeur, « la possibilité d’une nouvelle escalade ou de nouveaux épisodes de conflit n’est donc pas encore exclue », même si la République islamique continuera à poursuivre une approche qu’il qualifie de « responsable et constructive » en faveur de la diplomatie et de solutions politiques durables.

Sur le front sécuritaire, Téhéran rappelle des lignes rouges claires : toute attaque contre les infrastructures, les intérêts vitaux ou la sécurité nationale sera considérée comme une violation et recevra une réponse « décisive et proportionnée ». Sabouri souligne combien la République islamique a déjà démontré sa capacité de réaction dans le passé, citant des épisodes de tensions dans le golfe Persique et des représailles contre des cibles israéliennes après des attaques contre des infrastructures iraniennes.

Le diplomate accuse également les États-Unis et Israël d’avoir contribué à la détérioration de la situation régionale, parlant de comportements « préjudiciables et déstabilisants » et de violations répétées du cessez-le-feu. « La République islamique d’Iran a clairement et sans équivoque démontré sa bonne foi dans la mise en œuvre du cessez-le-feu », affirme-t-il, affirmant que les développements récents sont une conséquence directe de ces actions.

Enfin, Sabouri rappelle la dimension régionale du conflit, rejetant les accusations d’un rôle de commandement iranien sur le Hezbollah, les milices irakiennes et les Houthis. « La République islamique d’Iran n’exerce aucune influence ni ingérence dans les décisions ou opérations des groupes et acteurs régionaux », affirme-t-il, tout en soulignant que de tels mouvements s’inscrivent dans un contexte marqué par « des agressions, des provocations et des violations répétées du cessez-le-feu ».

Selon l’ambassadeur, la dynamique actuelle est également le résultat de « l’inertie et de l’incapacité de la communauté internationale » à contenir le comportement israélien, citant les victimes civiles à Gaza et au Liban et les escalades continues dans la région. Une situation qui, prévient Téhéran, continue d’alimenter l’instabilité et les risques d’une nouvelle aggravation du conflit.