Le nez qui coule en mangeant ? Voici pourquoi, 3 conseils pratiques

Le nez qui coule en mangeant ? Voici pourquoi, 3 conseils pratiques

« J’ai le nez qui coule quand je mange. » Il peut arriver que vous vous asseyiez à table, que vous preniez la première bouchée d’un plat fumant ou particulièrement savoureux et que vous deviez courir vous cacher en cherchant désespérément un mouchoir. Aucun rhume actuel, aucune allergie saisonnière diagnostiquée. Juste un goutte-à-goutte ennuyeux et parfois embarrassant qui se produit uniquement en mangeant. La médecine a donné un nom bien précis à ce phénomène : la rhinite gustative.

Qu’est-ce que la rhinite gustative

Il ne s’agit pas d’une pathologie grave, mais d’une réponse neurovégétative de notre organisme. Contrairement à la rhinite allergique classique (déclenchée par le pollen, les acariens ou les poils d’animaux), la rhinite gustative n’implique pas le système immunitaire. Il n’y a pas d’anticorps en action, ni de libération d’histamine. Il s’agit plutôt d’un court-circuit réflexe du système nerveux autonome, en particulier du système parasympathique. Lorsque l’on introduit des aliments dans la bouche, les récepteurs gustatifs et trigéminaux présents sur la langue et dans la cavité buccale sont fortement stimulés. Chez certains individus, ce signal électrique « déborde » et active par erreur les fibres nerveuses qui contrôlent les glandes de la muqueuse nasale. Le résultat est que le cerveau commande une production instantanée et abondante de mucus liquide et aqueux, parfois accompagnée d’une légère congestion ». L’immunologiste Mauro Minelli, professeur de nutrition clinique à l’Université Lum Giuseppe Degennaro, explique cela à Adnkronos Salute.

« La distinction est importante : si le nez ne coule qu’en présence de certains aliments et que la sécrétion est claire comme de l’eau (hydrorrhée), on est presque certainement – observe l’immunologiste – confronté à une rhinite gustative. Si des démangeaisons oculaires, des éternuements répétés ou de l’urticaire apparaissent également, la cause est de nature allergique et une consultation immunologique est nécessaire. Le phénomène est étroitement lié au type d’aliment consommé. Tous les aliments n’ont pas le même potentiel d’activation. Les principaux coupables se répartissent en trois grandes catégories : chaud et les aliments épicés : les plats riches en piment (qui contient de la capsaïcine), en poivre noir, en moutarde, en raifort ou en wasabi sont les déclencheurs les plus fréquents. La capsaïcine, en particulier, est un très puissant stimulateur des récepteurs thermiques et chimiques de la douleur, et dans ce cas c’est la combinaison de la chaleur thermique et de la vapeur qui stimule la vasodilatation et la sécrétion des muqueuses. Les aliments acides ou très savoureux : les agrumes, le vinaigre, les cornichons et les fromages particulièrement affinés peuvent déclencher la même réaction en chaîne. l’intensité du stimulus gustatif ».

La rhinite gustative « peut survenir à tout âge, mais les données cliniques montrent une plus grande prévalence chez les adultes et les personnes âgées – prévient-il – À mesure que l’âge avance, en effet, le système nerveux autonome peut subir de petites altérations dans la régulation des réflexes, rendant les glandes nasales plus hypersensibles aux stimuli externes. La rhinite gustative est une affection absolument bénigne. Elle n’évolue pas vers des pathologies chroniques et n’endommage pas les voies respiratoires. Le seul véritable impact est d’ordre social et psychologique : la gêne de devoir utiliser continuellement des mouchoirs lors d’un dîner d’affaires ou d’un rendez-vous amoureux.

Conseils pratiques

1) Moduler la température des aliments. Évitez de consommer des plats fumants qui viennent d’être retirés du feu. Laisser refroidir légèrement les entrées ou les soupes réduit l’impact de la vapeur sur les muqueuses nasales, limitant l’activation du réflexe ;

2) Introduisez progressivement les aliments épicés. Si vous aimez la cuisine ethnique (mexicaine, indienne ou thaïlandaise), il est conseillé d’habituer votre palais à des niveaux de piquant croissants. Souvent, l’organisme développe une tolérance à la capsaïcine, réduisant ainsi l’intensité de la réponse autonome au fil du temps ;

3) Hydratation intermittente. Alternez les bouchées d’aliments particulièrement savoureux ou épicés avec de petites gorgées d’eau fraîche ou de lait (les produits laitiers contiennent de la caséine, une protéine capable de lier la capsaïcine et de neutraliser son effet irritant dans la bouche).

« Dans les cas où le trouble est si intense qu’il compromet la qualité de vie ou l’alimentation, il est conseillé de s’adresser à un médecin compétent. Il existe des traitements pharmacologiques ciblés, comme les sprays nasaux à base de bromure d’ipratropium. Cet actif agit comme un bloqueur local des récepteurs parasympathiques : pulvérisé une vingtaine de minutes avant les repas, il est capable d’inhiber le réflexe nerveux, éliminant la production de mucus sans assécher excessivement les voies respiratoires. En conclusion, si le nez décide de « s’activer » devant une assiette de penne all’arrabbiata ou un ramen coréen, il n’y a aucune raison de s’alarmer, c’est simplement le système nerveux qui réagit avec un enthousiasme excessif à une expérience culinaire intense », conclut Minelli.