Très forte tension au Liban, où un convoi logistique du contingent italien, en route de Shama vers Beyrouth, a été stoppé par les forces israéliennes et touché par des tirs de sommation. « Une colonne italienne de la FINUL, qui transportait des éléments de la FINUL à Beyrouth pour les rapatrier, a été bloquée par Tsahal. Des tirs de sommation israéliens ont endommagé un de nos véhicules. Heureusement, personne n’a été blessé, mais la colonne a dû revenir », a rapporté le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, qui a immédiatement annoncé une demande de clarification d’Israël: « Dès que je quitterai cette salle, je demanderai au ministère des Affaires étrangères de demander immédiatement à l’ambassadeur d’Israël en Italie des informations sur ce qui s’est passé pour réitérer que les soldats italiens au Liban ne se touchent pas, les forces armées israéliennes. n’ont aucune autorité pour toucher les soldats italiens ».
Des propos clairs, qui arrivent dans un contexte de plus en plus critique. « Malheureusement, la trêve au Liban, qui constitue un front régional de plus en plus critique, n’existe pas. Il reste à voir si, comme nous l’espérons, nous pourrons reprendre le dialogue, mais il me semble que les signaux qui arrivent ces heures-ci vont dans une direction négative ». Et encore : « Malheureusement, l’appel lancé par notre Premier ministre et d’autres dirigeants internationaux n’a pas eu de réponse positive concernant le Liban ».
Après l’incident, Tajani a réitéré la ligne italienne : « Je viens de donner des instructions pour convoquer l’ambassadeur israélien en Italie au ministère des Affaires étrangères, pour clarifier ce qui s’est passé aujourd’hui au Liban. Les soldats italiens ne se touchent pas ». L’ambassadeur d’Israël en Italie, Jonathan Peled, a été convoqué à la Farnesina.
La Première ministre, Giorgia Meloni, lit-on dans une note du Palazzo Chigi, « exprime sa ferme condamnation pour ce qui s’est produit aujourd’hui au sud du Liban, où un convoi italien appartenant à la Unifil, et clairement identifiable comme tel, a été soumis à des tirs de sommation de l’armée israélienne ».
La réaction du ministre de la Défense Guido Crosetto a également été très dure, parlant d’un épisode « inacceptable ». « J’exprime ma protestation la plus ferme et la plus indignée face à ce qui s’est passé ce matin dans le secteur de responsabilité de la Finil au sud du Liban. Un convoi logistique du contingent italien, se déplaçant de Shama vers Beyrouth, a été soumis à des tirs de sommation tirés par les FDI à environ deux kilomètres de la base de départ. Suite à cet épisode, la colonne a immédiatement arrêté le mouvement et est rentrée à la base. Seuls des dommages mineurs aux véhicules et aucun blessé n’ont été signalés, mais pour combien de temps ? Il est inacceptable que des soldats italiens soient engagés sous le drapeau des Nations Unies. Les nations, dont la mission est exclusivement de garantir la paix et la stabilité, sont exposées à des situations à risque de la part de l’armée israélienne ».
Le ministre souligne également le risque plus large pour la mission internationale : « Le personnel de la Finul opère au Liban en application des résolutions des Nations Unies, pour contribuer à la sécurité et à la désescalade. La mise en danger de convois clairement identifiés par le drapeau de l’ONU ne peut être tolérée. »
Et il conclut par un appel urgent : « Je demande aux Nations Unies d’intervenir de toute urgence auprès des autorités israéliennes pour clarifier ce qui s’est passé, d’adopter toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité du contingent italien et de tout le personnel de la Finil, et de réaffirmer fermement le respect du mandat et de la protection dus aux soldats de la paix. L’Italie continuera à soutenir la mission de maintien de la paix, mais exige le plein respect du rôle de la Finul et de la protection de ses soldats.




