03 septembre 2026 | 14h56
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Pour s’adapter aux conditions défavorables et résister aux thérapies anticancéreuses, les cellules tumorales sont capables de modifier des processus cellulaires visant à produire l’énergie nécessaire à la survie, c’est-à-dire à modifier leur métabolisme. L’utilisation de nouvelles voies métaboliques favorisant la survie peut cependant se transformer en un point faible, un éventuel talon d’Achille pour la tumeur qui peut être ciblée par de nouvelles stratégies thérapeutiques. C’est ce qui ressort d’une étude récemment publiée dans la revue scientifique « Nature Communications » menée dans le cadre d’une collaboration internationale coordonnée par Giuseppe Filomeni, professeur agrégé de biochimie au Département de biologie de l’Université de Rome Tor Vergata et directeur de recherche à l’Institut danois du cancer de Copenhague, qui voit, parmi les principaux chercheurs impliqués – rapporte l’université dans une note – Chiara Pecorari qui, après avoir obtenu son diplôme en biologie à Rome Tor Vergata, a poursuivi ses recherches à l’Institut danois du cancer, où elle obtenu le doctorat et d’où proviennent les travaux à la base de l’étude.
L’étude axée sur le cancer du rein et du foie a identifié un mécanisme par lequel les cellules cancéreuses modifient leur métabolisme pour survivre aux thérapies. « L’une des principales difficultés dans le traitement des tumeurs est en effet la capacité des cellules tumorales à développer une résistance aux médicaments – explique Filomeni – Un médicament peut être efficace au début, mais certaines cellules parviennent à survivre et peuvent acquérir des caractéristiques qui les rendent progressivement plus difficiles à éliminer. Notre étude montre comment certains changements dans le métabolisme cellulaire peuvent contribuer à leur résistance ».
Au centre du mécanisme identifié par les chercheurs se trouve la perte d’une protéine (Akr1A1). Cette mutation détermine une modification du métabolisme des cellules tumorales du rein et du foie et entraîne, entre autres effets, l’accumulation de méthylglyoxal, une molécule hautement réactive qui peut être produite spontanément dans notre corps.
L’augmentation du méthylglyoxal – précisent les auteurs – contribue à renforcer les mécanismes cellulaires de réponse au stress qui, à terme, favorisent la survie des cellules tumorales et la résistance aux médicaments normalement utilisés pour le traitement du cancer du rein et du foie. La même adaptation qui offre un avantage aux cellules tumorales crée cependant une nouvelle vulnérabilité : en grande quantité, en effet, le méthylglyoxal peut devenir nocif pour la cellule qui devient donc particulièrement dépendante du système responsable de sa neutralisation.
« Dans les expériences menées dans le cadre de l’étude – poursuit Filomeni – l’interférence avec ces systèmes a rendu à nouveau vulnérables les cellules tumorales résistantes aux médicaments normalement utilisés pour leur traitement ». L’effet a été observé à la fois dans des modèles cellulaires dérivés de tumeurs humaines et dans des modèles précliniques. « Le principe est relativement simple : une cellule tumorale acquiert des mutations qui peuvent modifier son métabolisme. Si d’une part ce changement permet à la cellule de s’adapter et de résister aux traitements, de l’autre cela a un coût – précise-t-il – En fait, elle devient de plus en plus dépendante d’une autre voie métabolique pour survivre. Affecter cette dépendance peut donc transformer un avantage acquis par la tumeur en son point faible ».
Ceci – conclut la note – ne signifie pas qu’une nouvelle thérapie soit déjà disponible pour les patients. Les résultats devront être davantage validés et il sera nécessaire de comprendre quelles tumeurs et quels patients peuvent bénéficier le plus de cette approche. Cependant, l’étude indique une voie possible pour le développement futur de stratégies thérapeutiques combinées, dans lesquelles les traitements antitumoraux pourraient être accompagnés de médicaments capables de cibler les nouvelles dépendances métaboliques développées par les cellules résistantes.




