Vaccins, Esposito (Président Espid) : « Impact significatif du méningocoque B, une stratégie pour les adolescents est nécessaire »

Vaccins, Esposito (Président Espid) : « Impact significatif du méningocoque B, une stratégie pour les adolescents est nécessaire »

« La récente épidémie enregistrée dans le Kent en 2026, causée précisément par le méningocoque B et gérée avec des antibiotiques et la vaccination des contacts, montre que nous ne pouvons pas continuer à intervenir seulement après l’urgence. Ce sérogroupe représente plus de la moitié des cas signalés en Europe et est dominant dans toutes les tranches d’âge de moins de 65 ans. Même en Italie, son impact reste pertinent et l’adolescence est une phase cruciale de transmission, liée aux dynamiques sociales et aux environnements fermés ». C’est le message de Susanna Esposito, professeur titulaire de pédiatrie à l’Université de Parme et présidente du congrès 2026 de la Société européenne des maladies infectieuses pédiatriques (Espid), qui se déroule à Bologne jusqu’au 5 juin, qui attire l’attention sur le méningocoque de type B, encore le plus répandu en Europe, et nous invite à dépasser une logique réactive dans la prévention de la méningite à méningocoque pour construire une stratégie structurée également pour l’adolescence, sans attendre urgences.

C’est pourquoi, poursuit-il, « l’introduction de la vaccination contre le méningocoque B à l’adolescence doit être évaluée systématiquement, sur la base du poids de la maladie, de la gravité clinique et des conséquences sociales, et pas seulement en réponse à des épisodes d’urgence ». Une direction déjà prise dans d’autres pays européens, comme la France, qui a étendu l’offre vaccinale aux adolescents également. En Italie cependant, il manque encore une orientation nationale. « Il y a un élan important au niveau régional – explique Esposito -. Aujourd’hui, 17 Régions offrent gratuitement la vaccination aux adolescents, avec des modalités qui varient entre l’appel actif et l’accès sur demande. Cependant, le manque d’inclusion dans le Plan National de Prévention Vaccinale et dans les Niveaux Essentiels d’Assistance (Lea) détermine inévitablement des inégalités territoriales ». Là où l’offre est organisée et proactive, la couverture augmente, mais ailleurs la vaccination risque d’être perçue comme moins prioritaire. « Sans un cadre national commun et une inclusion dans les LEA, il est difficile de définir des objectifs de couverture, des systèmes de rappel et des outils de suivi. Il ne s’agit pas seulement d’une question formelle mais concerne l’équité d’accès et la capacité de planifier les services ».

Une autre question centrale est le rappel de la vaccination. « Assurer la continuité de la protection est essentiel – souligne-t-il -. Il est actuellement prévu d’offrir un rappel homologue aux adolescents ayant reçu le cycle primaire entre 2 et 10 ans. Les résultats d’une étude qui a évalué la sécurité et la réponse immunitaire d’une dose de rappel chez des adolescents vaccinés de moins de 2 ans sont également attendus prochainement. S’ils confirment la sécurité et une réponse immunitaire adéquate, la mise à jour prévue pour début 2027 du résumé des caractéristiques du produit pourra étendre la possibilité d’une dose de rappel. également chez les adolescents vaccinés au cours des deux premières années de la vie. Une possibilité qui permettrait de lier de manière cohérente la protection des nourrissons à celle des adolescents, en simplifiant le calendrier de vaccination et en rendant l’organisation de l’offre plus durable ».

Du côté des membres, l’engagement doit être continu. « La méningite à méningocoques est rare mais peut évoluer rapidement avec des conséquences très graves ; c’est pourquoi, en l’absence de cas évidents, la perception du risque tend à diminuer – observe Esposito -. Nous avons donc besoin de campagnes d’information ciblées, de journées dédiées, d’initiatives dans les écoles, d’appels actifs et de l’implication des pédiatres, des médecins généralistes et des spécialistes ». L’objectif est d’inclure clairement le vaccin contre le méningocoque B dans un programme de prévention destiné aux adolescents, « non pas comme une intervention ponctuelle mais comme partie intégrante de la protection de cette tranche d’âge ».

Pour l’avenir, conclut l’expert, il y a trois priorités : « inclure la vaccination contre le méningocoque B à l’adolescence dans le prochain Plan National avec des objectifs de couverture mesurables, surmonter les inégalités régionales à travers l’inclusion dans les LEA et garantir une offre active et gratuite uniforme, renforcer la communication nationale claire et continue destinée aux familles et aux jeunes. Prévenir la méningite signifie construire une protection avant que le risque ne se manifeste, et non courir après l’urgence ».