Affaire Ranucci, l'avocat du journaliste: "Si c'est vrai du théâtre délirant de la folie de Lavitola". Demain l'interrogation de garantie

Affaire Ranucci, l’avocat du journaliste: « Si c’est vrai du théâtre délirant de la folie de Lavitola ». Demain l’interrogation de garantie

L’interrogatoire de Valter Lavitola, arrêté hier sous l’accusation d’être l’instigateur de l’attaque d’octobre dernier devant le domicile du journaliste et présentateur du Reportage Sigfrido Ranucci, a été fixé à demain, mercredi 12 août, en fin de matinée. Lavitola, également accusé d’avoir recours à la méthode mafieuse, est incarcéré à la prison de Rebibbia après que les carabiniers de l’unité d’enquête ont exécuté l’ordre de détention provisoire émis par le juge d’instruction Iole Moricca suite à la demande du parquet de Rome.

« L’attaque d’octobre dernier devant le domicile du journaliste et présentateur du Reportage Sigfrido Ranucci a été commandée « par Lavitola exclusivement pour accroître la popularité du journaliste et accélérer les projets » du suspect « dans le domaine politique », ressortent les papiers de l’ordre du juge d’instruction de Rome Iole Moricca, ajoutant: « Si en réalité le but était de favoriser l’ascension politique du journaliste Ranucci et évidemment de s’assurer un rôle de premier plan dans le nouveau scénario politique hypothétique – lit-on dans l’ordre émis postérieurement à l’enquête du Parquet de Rome avec les investigations déléguées aux Carabiniers de l’Unité d’Investigation – il ne fait aucun doute que dans la conception du suspect Lavitola, aux yeux de la victime et de l’opinion publique, l’événement criminel devait apparaître comme un acte d’intimidation ou de représailles, en tout cas un avertissement adressé au journaliste Ranucci pour l’intimider de la poursuite de son enquête, mais sans jamais mettre sa sécurité en danger réel ».

L’enquête, coordonnée par le procureur Francesco Lo Voi et ouverte par le procureur Carlo Villani, qui a ensuite dirigé le parquet de Velletri, suivi désormais par le procureur de la DDA Edoardo De Santis, a déjà conduit fin juin à l’exécution de quatre mesures conservatoires contre trois hommes et une femme soupçonnés d’être les auteurs de l’attaque et accusés à divers titres de détention, port dans un lieu public et usage d’un engin explosif, menace et dommage, aggravés par le fait que plus de cinq personnes ont agi et avec des méthodes de type mafieux. Le destinataire de la mesure prononcée hier par le juge d’instruction est également Gomes Clesio Tavares, factotum de Lavitola, qui se trouve actuellement en Afrique. Les procureurs du Capitole vont entamer la procédure d’extradition contre lui.

L’avocat du journaliste : « Ranucci victime à trois reprises »

« Sigfrido Ranucci est victime à trois reprises, d’une attaque grave et dangereuse, de trahison et d’exploitation par un ami dans un théâtre délirant de folie (si les faits sont définitivement établis) et, enfin, avec peut-être une plus grande gravité, d’une campagne médiatique et politique massive et persistante de lynchage qui, avec des conjectures et des insinuations, a tenté de transformer la victime en bénéficiaire plus ou moins conscient de l’attaque ». Ainsi dans une note de l’avocat Roberto De Vita, avocat de Sigfrido Ranucci. « Nous attendons également le jugement contre ceux qui ont été dénoncés pour diffamation aggravée pour avoir sciemment contribué à l’action violente de dénigrement de la figure la plus importante du journalisme d’investigation en Italie, une action aussi dangereuse pour la démocratie qu’un attentat », a souligné l’avocat pénaliste.

Salvini : « Rapport sans Ranucci ? Il devrait y avoir une pause »

Pendant ce temps, le ministre Matteo Salvini vient d’intervenir sur l’avenir du programme animé par Ranucci sur Rai3, Reportage. Lors d’une visite au centre d’échange de Pigneto à Rome, à la question : « La diffusion du reportage doit-elle continuer sans l’animateur Sigfrido Ranucci ? », le leader de la Ligue a répondu : « Oui, je pense qu’il devrait y avoir une pause. Pleine solidarité » pour ceux qui ont subi un attentat mais la situation « doit être clarifiée », a-t-il conclu.