Dall'Oglio (CUAMM) : « Ebola fait peur même en Ouganda, l'épidémie au Congo est une poudrière »

Dall’Oglio (CUAMM) : « Ebola fait peur même en Ouganda, l’épidémie au Congo est une poudrière »

Même en Ouganda, le virus Ebola, dans sa variante Bundibugyo – plus rare et moins connue – fait peur. En effet, si pour le moment l’épidémie a son épicentre en République démocratique du Congo dans la province de l’Ituri, en Ouganda voisin, les 2 cas confirmés et le décès enregistré ont alerté les institutions, les autorités sanitaires et les travailleurs humanitaires. La province congolaise concernée, en effet, « à vol d’oiseau est à environ 260 kilomètres. Évidemment, si l’on suit les routes disponibles, elle est beaucoup plus loin. Dall’Oglio, jésuite décédé en Syrie en 2013.

La particularité de cette épidémie, souligne-t-il, est liée au fait que « l’épidémie dont elle est originaire se situe dans une zone de conflit, au Nord-Kivu. C’est une zone très peuplée et la population se déplace beaucoup. On dénombre actuellement 750 cas suspects et 177 décès suspects, soit « soit 24% ». Mais que fait l’Ouganda pour prévenir les infections ? « L’Ouganda – continue Dall’Oglio – comme il a déjà connu à plusieurs reprises des épidémies de fièvres hémorragiques, a pris des mesures immédiates. Il suit à la lettre les indications de l’Organisation Mondiale de la Santé. En particulier, nous nous préparons de manière très décisive aux frontières. En fait, les 2 cas enregistrés dans le pays sont tous deux importés. L’un a été diagnostiqué alors que la personne était déjà décédée et a été ramené au Congo. L’autre patient est cependant toujours hospitalisé à l’hôpital de Kampala, au Mugago. Hospital, et nous ne connaissons pas avec certitude son état. Une première étape importante est donc celle du confinement aux frontières ».

Par ailleurs, dit le médecin, « l’arrivée par avion en provenance du Congo a été interdite. Mais le pays met surtout l’accent sur des stratégies d’éducation sanitaire pour la prévention dans les écoles et les lieux publics », souligne-t-il. « En Ouganda, il existe de nombreuses langues différentes, c’est pourquoi dans chaque région des dépliants spécifiques sont distribués, des émissions de radio ou des médias sociaux sont activées dans la langue locale, afin que chacun puisse recevoir la bonne information sur la façon de se protéger contre cette souche d’Ebola », explique Dall’Oglio qui vit dans le nord de l’Ouganda, une région « dans laquelle le CUAMM mène depuis des années d’importants projets de santé publique. Nous travaillons, comme c’est la caractéristique du CUAMM, dans des projets à long terme en collaboration avec le District, l’institution locale, avec laquelle nous sommes partenaires : nous travaillons ensemble, nous prenons des décisions ensemble, nous collectons des fonds en fonction des besoins identifiés avec eux ».

Fondamentalement, rapporte le médecin, « nous réalisons des projets de santé maternelle et infantile, des initiatives pour les adolescents et nous soutenons l’hôpital San Giovanni d’Aber, qui est un hôpital très important ici dans la région. Ensuite, nous avons d’autres interventions dans deux autres districts et d’autres projets dans de grandes parties du pays », continue Dall’Oglio qui travaille depuis des années en équipe dans la région. « Nous sommes 8 personnes. Je suis le seul expatrié, les autres sont tous des opérateurs locaux. Nous collaborons depuis un certain temps et nous sommes fiers du travail que nous faisons. Je me sens partie intégrante du pays, de l’Ouganda, de la population. Nous affrontons également le problème d’Ebola avec positivité et ferons le nécessaire. Nous ne sommes jamais partis en cas d’épidémie et donc – conclut-il – cette fois aussi nous resterons ».