Députés, feu vert sans unanimité pour un double défi sur Banco Bpm et Banca Generali. Assemblée le 29 octobre

Députés, feu vert sans unanimité pour un double défi sur Banco Bpm et Banca Generali. Assemblée le 29 octobre

Après plus de sept heures de réunion, le feu vert vient du conseil d’administration de Monte dei Paschi di Siena à la stratégie du PDG Luigi Lovaglio : une double opération sur Banco Bpm et Banca Generali pour construire une alternative à l’offre lancée par Intesa Sanpaolo sur le groupe siennois et préserver son autonomie et son intégrité.

Le vote du conseil d’administration n’aurait pas été unanime. Les quatre conseillers minoritaires Paolo Boccardelli, Nicola Maione, Antonella Centra et Paola De Martini se seraient abstenus. D’après ce qu’AdnKronos comprend des sources financières, ils n’ont pas reçu d’informations suffisamment détaillées sur les éléments essentiels du projet. Corrado Passera aurait plutôt voté en faveur de la double opération.

En attendant le communiqué officiel, les premières informations en notre possession montrent que MPS pourrait utiliser sa participation de 13,2% dans Generali comme levier pour inciter les actionnaires à soutenir cette stratégie complexe. Le projet devra en effet passer l’assemblée extraordinaire et comporterait une augmentation de capital.

Cependant, le feu vert du conseil ne représente que la première étape d’un projet beaucoup plus vaste. MPS est en effet au centre de l’offre d’Intesa Sanpaolo et doit composer avec la règle de passivité, qui limite la possibilité pour les dirigeants de la société cible d’adopter des initiatives susceptibles d’entraver l’offre sans l’autorisation des actionnaires. Les éventuelles mesures défensives devront donc être soumises au vote de l’assemblée qui, selon les informations d’Adnkronos, devrait se réunir le 29 octobre.

C’est alors qu’émergera le véritable rapport de force entre les grands membres du Monte, à commencer par Delfin et Francesco Gaetano Caltagirone. Le facteur temps, quant à lui, reste déterminant. Lovaglio devra transformer rapidement le feu vert du conseil d’administration en opérations concrètement viables, en définissant sa structure, ses valeurs et ses alliances. Et c’est précisément sur le front de l’alliance que se concentrent les principales questions. Pour Banco Bpm et Banca Generali, Mps devra en effet composer avec deux interlocuteurs importants : le Crédit Agricole et Generali.

Le jeu sur Banco Bpm apparaît comme le plus complexe, notamment en raison de la position du Crédit Agricole, premier actionnaire de Piazza Meda avec une part proche de 30%. Le groupe français avait déjà exprimé son opposition à un rapprochement entre Banco BPM et MPS, contribuant ainsi à la conclusion des négociations exploratoires entre les deux institutions annoncée le 31 juillet.

Pour que la nouvelle opération ait une chance concrète de succès, il sera donc crucial de comprendre si Lovaglio a réussi à rouvrir un canal avec les Français et à mettre sur la table une proposition capable de changer leur position.

Du côté de Banca Generali, cependant, le point crucial est représenté par l’actionnaire Generali et la possibilité de construire une opération qui rassemble les intérêts des différents sujets impliqués. La stratégie de MPS vise ainsi à évoluer simultanément sur deux tableaux, dans le but de renforcer sa position dans le risque bancaire et de contrer l’offre d’Intesa.

« Il y a une très grande question. Du point de vue de la faisabilité concrète, le maintien de deux fronts dont les principaux sujets sont des intermédiaires de rang international, l’actionnaire Generali pour le front Banca Generali et le Crédit Agricole du côté Banco Bpm, fait trembler les veines », commente Angelo De Mattia, analyste économique et ancien directeur central de la Banque d’Italie, à Adnkronos.

« Je crois qu’il est nécessaire, face à cette tourmente, de garder à l’esprit ce que le gouverneur Panetta a dit, les thèmes, les règles et les lignes directrices, sur les agrégations avant d’arriver à la dernière étape, qui est la dynamique du marché. Une opération de ce genre dans le panorama bancaire n’a jamais eu lieu », conclut De Mattia. (par Andrea Persili)