Les anciens médecins spécialistes continuent de gagner devant les tribunaux, mais les remboursements reconnus par les condamnations restent bloqués ou considérablement ralentis, rapporte Consulcesi. Les temps du Département des Affaires Juridiques et Législatives de la Présidence du Conseil des Ministres sont en effet très longs. C’est ce qui ressort des décisions judiciaires les plus récentes sur le litige relatif à l’absence de rémunération des années de formation spécialisée, qui ravivent une fois de plus la question des délais d’exécution des peines par l’État avec des milliers de blouses blanches coincées dans le flou des remboursements.
Le dernier arrêt vient de la Cour d’Appel de Rome (n. 7937/2025) qui, sur renvoi de la Cour Suprême, a accepté les demandes de 148 médecins protégés par Consulcesi – informe le réseau – condamnant la Présidence du Conseil des Ministres à payer plus de 3,4 millions d’euros. Une décision qui s’inscrit dans une orientation jurisprudentielle favorable aux professionnels qui se sont spécialisés entre les années 80 et 90 sans percevoir une rémunération adéquate, en violation des directives spécifiques de l’UE (75/362/CEE, 75/363/CEE et 82/76/CEE). Au cours des vingt dernières années, grâce à des actions collectives promues à l’échelle nationale, des milliers de professionnelles en soins ont obtenu la reconnaissance du droit à une juste rémunération pour leurs années de spécialisation. Selon les données du réseau juridique Consulcesi, qui a parrainé la grande majorité des recours, les sommes globales reconnues dépassent les 600 millions d’euros. Le cadre juridique a également été clarifié au niveau européen. Avec l’arrêt du 3 mars 2022 (C-590/20), la Cour de justice de l’Union européenne a établi que l’Italie aurait dû garantir une rémunération adéquate aux médecins en formation à partir du 1er janvier 1983. Une orientation mise en œuvre par le législateur avec l’article 3 de la loi sur la délégation européenne de 2024, qui prévoyait la création d’une table technique interministérielle pour en évaluer les effets.
Si les droits des anciens stagiaires semblent aujourd’hui apaisés, la question de l’exécution des peines reste ouverte, souligne Consulcesi. Dans de nombreux cas, en effet, la décision favorable n’est pas suivie du paiement dans les délais des sommes dues, alors que les titres judiciaires sont pleinement exécutoires. Le centre de gravité du litige s’est donc déplacé de la reconnaissance du droit à la nécessité de garantir certains délais de remboursement. « Aujourd’hui, nous ne discutons plus des droits des anciens stagiaires – expliquent-ils du réseau juridique – La question est de faire en sorte que les peines soient suivies de paiements. Sinon, le risque est qu’une victoire devant le tribunal se transforme en une attente indéfinie ». Pour surmonter ces problèmes critiques, Consulcesi a commencé et intensifié l’utilisation des outils prévus par la loi pour l’exécution des jugements, à commencer par le jugement de conformité devant le TAR, qui permet à l’administration d’imposer certaines conditions de paiement et, en cas d’inertie supplémentaire, la nomination d’un commissaire ad acta.
L’histoire – reconstitue une note – remonte au début des années 1980, avec l’adoption des directives européennes 75/362/CEE, 75/363/CEE et 82/76/CEE, qui obligeaient les États membres à garantir une rémunération adéquate aux médecins pendant les années de formation spécialisée. Bien que l’obligation soit opérationnelle depuis le début de 1983, l’État italien n’a pas versé de bourses aux médecins inscrits entre 1983 et 1993. Par la suite, un deuxième front de litige s’est ouvert pour les médecins inscrits dans les écoles de spécialisation entre 1994 et 2006 : dans ces cas, les bourses ont été versées, mais sans reconnaissance de la revalorisation périodique, de la couverture sociale et des différences de cotisations.
Le non-respect de cette règle a donné lieu à de nombreux litiges devant les tribunaux italiens, intentés par des médecins qui estimaient avoir été injustement discriminés. Un arrêt de la Cour de cassation (n. 17434 du 2 septembre 2015) a également élargi le champ des demandeurs potentiels, précisant que le droit au remboursement s’applique également à ceux qui ont terminé leur spécialisation après le 1er janvier 1983, quelle que soit la date de début des études postuniversitaires.




